Dans les coulisses du Stade de France
- Patrick Müller n'était pas du déplacement des Lyonnais à Paris. Même si l'OL lui avait interdit de rejoindre la sélection nationale suisse, en stage à Lugano pour préparer l'Euro, le défenseur central n'en a fait qu'à sa tête et a tout de même pris la direction de Lugano où l'attendaient ses compatriotes. Avant de partir contre l'avis de son club, Müller s'est toutefois entretenu rapidement avec son coach Alain Perrin.
- La Coupe de France réussit bien à Alain Perrin ces dernières années. Après avoir remporté le trophée avec Sochaux lors de l'édition précédente, l'ancien coach sochalien, aujourd'hui entraîneur de l'OL, avait la possibilité de conserver la Coupe de France. En cas de succès, Perrin avait surtout l'opportunité de réaliser le premier doublé Coupe-championnat de sa carrière. C'est chose faite.
- Une minute de silence a été respectée avant le match en hommage à Lionel Dreksler. Le directeur général du POPB est mort à l'âge de 51 ans dans la nuit de vendredi à samedi. Auparavant, Dreksler, arrivé au PSG en 1992, occupait les fonctions de directeur général adjoint en charge des activités commerciales du club parisien. Il avait également été président de la Société d'exploitation du Parc des Princes. En sa mémoire, les joueurs parisiens portaient un crêpe noir durant cette partie.
- La veille de ce match, Philippe Kalt, l'arbitre désigné pour officier lors de cette finale, avait appris avec tristesse la perte de son écusson international à partir de janvier prochain. Un écusson que l'Alsacien avait récupéré en 2006 après l'avoir déjà porté entre 1997 et 2000.
- Paul Le Guen ayant de nouveau accordé sa confiance à Jérôme Alonzo dans la cage pour ce match de coupe, Mickaël Landreau ne figurait même pas sur la feuille de match. A l'instar des huit internationaux lyonnais (Coupet, Boumsong, Clerc, Squillaci, Ben Arfa, Benzema, Govou, Toulalan) retenus dans sa pré-sélection par Raymond Domenech, le gardien de but parisien est attendu dimanche à Tignes pour entamer la préparation avec les Bleus.
Les faits du match
11eme minute
Corner côté gauche pour le PSG. Camara prend le dessus dans les airs sur Squillaci et catapulte son violent coup de tête sur la barre de Coupet, qui était battu.
14eme minute
Double une-deux entre Fred et Benzema qui permet au second de prendre tout son temps avant de déclencher un missile qui passe tout près de la lucarne droite d'Alonzo.
33eme minute
Corner frappé par Rothen côté droit. De la tête, Squillaci renvoie directement le ballon sur Pauleta, dont la reprise de volée canon est repoussée devant sa ligne par Réveillère, alors que Coupet était de nouveau archi battu.
41eme minute
Superbement lancé dans la surface, Pauleta déclenche une frappe croisée du droit qui oblige Coupet à bien se détendre.
45+1eme minute
Coup-franc pour le PSG suite à une obstruction de Squillaci sur Diané. Rothen le frappe dans la surface à destination d'Armand qui trompe Coupet d'une tête décroisée. Mais le but est refusé pour une position de hors-jeu de Yepes au départ de l'action.
63eme minute
Incroyable occasion parisienne. Suite à un coup-franc dans la surface, la tête de Camara à bout portant est repoussée par la main de Boumsong sur Yepes dont le coup de tête est repoussé par la barre et revient sur Camara. De nouveau de la tête, ce dernier trouve cette fois un Coupet exceptionnel puis secondé ensuite par Källström, qui se jette spectaculairement sur sa ligne pour repousser définitivement le danger.
68eme minute
Sur son premier ballon, Bodmer est tout près d'ouvrir le score. Bien servi sur un centre en retrait par Govou, l'ancien Lillois tente de piquer son ballon, Alonzo est battu mais Ceara repousse le ballon in extremis.
103eme minute (1-0)
Côté gauche, Benzema reçoit le ballon, se remet sur son bon pied et centre au second poteau pour Keita dont le contrôle manqué atterrit sur Govou qui fusille Alonzo d'une demi-volée.
120eme minute (1-0)
Parfaitement décalé par Benzema à la finition d'une contre-attaque lyonnaise, Keita voit sa frappe à bout portant repoussée par Alonzo.
Jeu, joueurs et arbitre
Le jeu
L'année dernière en finale de la Coupe de la Ligue, Lyon avait été transparent et avait logiquement perdu contre Bordeaux (1-0). Samedi, pour leur retour au Stade de France en finale d'une des deux coupes nationales, les Lyonnais ont de nouveau été fantomatiques par rapport à ce qu'ils sont capables de donner. Mais cette fois, l'OL a réussi à l'emporter grâce à un but de Govou. Certes à l'issue d'une prolongation où ils ont fait légèrement meilleure figure mais surtout avec à l'arrivée un succès historique pour le club. Lyon n'avait en effet plus gagné cette Coupe de France depuis 1973, et cette victoire permet à l'OL de réussir un doublé historique associé à ce septième titre de champion consécutif. Toutefois, il est indubitable que Paris aurait tout autant, voire plus, mérité de remporter cette Coupe de France, moins d'un mois après avoir enlevé sa « petite s½ur » : la Coupe de la Ligue. Libéré après avoir obtenu son maintien à l'ultime journée, le PSG, bien plus combatif et conquérant que son adversaire, a survolé cette finale. Malheureusement pour eux, si les Parisiens, pourtant donnés outsiders samedi, ont posé énormément de problèmes aux Lyonnais, ils n'ont jamais réussi à concrétiser une de leurs nombreuses occasions d'ouvrir le score. Que ce soit par Coupet, les deux barres ou les défenseurs de l'OL, Paris a constamment été privé de ce but de la délivrance après lequel les hommes de Le Guen ont couru tout le match.
Les Lyonnais
Une fois de plus aligné en soutien de FRED et non l'inverse, BENZEMA n'a eu que très peu d'occasions à exploiter. Même discret, il aurait toutefois pu battre Alonzo sur un missile à la sortie d'un une-deux avec son compère brésilien de l'attaque et a le mérite d'être à l'origine du but. Peu en vue lui aussi, GOVOU a tout de même délivré quelques ballons intéressants dans la surface et délivre les siens avec beaucoup d'opportunisme. BODMER, qui avait reçu un des bons ballons de Govou, a failli ouvrir le score sur son premier ballon. KÄLLSTRÖM s'est surtout montré à son avantage défensivement, comme sur ce ballon dégagé spectaculairement en corner. REVEILLERE, gêné toute la partie par la vitesse de Diané, a lui aussi sauvé son camp sur une tête puissante de Camara. JUNINHO, en position très basse, et TOULALAN, pas dans un grand soir à l'image de toute son équipe, ont perdu la plupart de leurs duels avec les milieux adverses. En charnière centrale, SQUILLACI, plusieurs fois battu de la tête, et BOUMSONG, pas toujours très précis, n'ont pas eu la partie facile dans leur surface. Pour sa dernière dans la cage de l'OL, COUPET a une fois de plus été impérial. Il a en plus eu de la réussite.
Les Parisiens
Soirée cauchemardesque pour ALONZO qui n'a rien eu à faire du match et cède sur la première frappe lyonnaise cadrée digne de ce nom. Durant la prolongation, il a tout de même eu à intervenir sur une frappe à bout portant de Keita. Il faut dire aussi que le gardien parisien a été sauvé par CEARA sur une tentative de Bodmer. Le Brésilien a été très bon sur son côté droit. Excellent match également de YEPES et CAMARA, qui auraient de surcroît mérité chacun au moins un but. Même s'il est trop court face à Keita sur le centre qui amène le but de Govou, ARMAND est également à créditer d'une très bonne prestation. Il avait même marqué mais son but a été refusé. Dans l'entrejeu, CLEMENT a fait preuve d'une abnégation de tous les instants, bien aidé par un BOURILLON très incisif lui aussi. Déjà très bon contre Lens en finale de la Coupe de la Ligue, CHANTOME a une fois de plus démontré tout son talent. Ce n'est pas pour rien si Arsenal s'intéresse de très près à lui. ROTHEN, peut-être encore sous le coup de sa non sélection en équipe de France, était lui bien loin de son niveau du début de saison. Devant, DIANE a réussi quelques accélérations dévastatrices mais sans faire preuve de suffisamment de lucidité dans le dernier geste. Pour son dernier match à Paris, PAULETA a eu lui aussi une énorme occasion de marquer, mais REVEILLERE en avait décidé autrement.
L'arbitre du match : M.Kalt
Pour avoir beaucoup trop laissé passer des fautes qui méritaient des sanctions, l'arbitre a entraîné beaucoup de tensions entre les acteurs. Et ce n'est pas un hasard si cela a failli tourner à la bagarre générale en fin de match.